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"Là où l'on apprend la différence entre optimiste et pessimiste"

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      Avec la Club Racer cru 2011, Lotus nous sort une énième version de son modèle phare, j'ai nommé l'Elise. On ne la présente plus, tout le monde la connait. Avec ce nouveau modèle, Lotus revient aux fondamentaux cher à son fondateur, Colin Chapman, dont le cheval de bataille était "Light is right", prônant la légèreté avant tout.

      Le pessimiste:

      Elle perd certes quelques kilos, 24 pour être précis, mais avec 845 kilos sur la balance elle est toujours plus lourde d'un gros quintal que la première de la lignée, l'Elise S1. Pour en arriver là, Lotus a supprimé la climatisation, la radio, l'isolation sonore et a réduit la taille de la batterie. Ajoutez à ça des sièges avec moins de mousse. Bref, aucun élément de confort et donc ... aucun confort. Les sièges sont particulièrement désagréables et faire un long trajet devient un calvaire. Rien à voir avec les sièges des autres Elises tout à fait convenables.

      Du coup on espère se rattraper avec le moteur, ou une belle sonorité ou encore une poussée grisante. Et bien non, le petit moteur Toyota de 1,6 litre, développant 136ch et 159 Nm de couple, semble à la peine malgré une voiture légère. On en attend bien plus d'une "sportive". De plus, avec sa puissance maximale atteinte à 6.800 tr/min, soit quasiment au rupteur, vous devez toujours être à des régimes moteur élevés et donc jouer du levier de vitesse pour essayer d'être sur la bonne, de vitesse. Dans l'absolu ça pourrait être marrant, mais pour cela il aurait fallu que le levier de vitesse soit moins fastidieux à utiliser.

      On se retrouve donc avec une voiture qui ne délivre pas grand chose sous 5.000 tr/min et qui demande de jouer d'un levier de vitesse mal guidé pour être toujours sur une plage de régime moteur convenable. Mais même dans ces conditions, le moteur ne vous laissera pas un souvenir impérissable, et ne comptez pas sur l'option "power pack" pour relever le niveau. Composé d'un échappement plus libéré et d'un nouveau filtre à air il permet de gagner 6ch et 5Nm !! Si le bruit évolue un peu, sans se faire pour autant envoutant, les performances ne changent en rien.

      A 34.450€ l'engin, ça fait cher ...

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       L'optimiste:

      Oui mais voilà, contrairement à tous les autres constructeurs qui vous font payer le poids et le confort en moins, chez Lotus on vous allège également la facture et ce, de pas moins de 4.000€. C'est suffisamment rare pour être apprécié à sa juste valeur. Puis, très franchement, lorsque l'on achète une Lotus Elise, est-ce vraiment pour profiter de sa sono? Pour en profiter, de plus, mieux vaut laisser la capote en place ... à quoi bon acheter cette voiture alors !!

      Non vraiment, la Lotus Elise est une voiture qui se vit de l'intérieur mais avec l'extérieur, donc décapotée et sans sono... Maintenant que la boucle est bouclée, bouclons notre ceinture et prenons du plaisir. Il semblerait que mon ami le pessimiste, car il est tout de même mon ami, n'ait pas compris la voiture. Certes le moteur manque un peu de consistance à bas régime, mais quel plaisir d'aller chercher le haut du compte tour avant de changer de vitesse, et la petite Elise ne rechigne plus à la tâche une fois que l'on a compris ça.

      Mais là où, vraiment, cette Lotus vous en donne pour votre argent, c'est dans le ressenti. Vous êtes lié à la voiture et elle n'a aucun secret pour vous, elle vous dit tout au travers de sa direction très consistante. C'est à se demander si un aveugle ne pourrait pas la conduire tellement le ressenti est précis. Vous changez de revêtement? Vous le savez. Vous passez sur une bande de peinture? Vous le savez. Il y a des stries dans la route? Vous le savez. En résumé, vous avez compris le principe, nous sommes loin des directions hyper assistées qui filtrent tout et c'est bien ce que l'on attend d'une voiture plaisir. Si elle s'en contentait, ce serait déjà bien, mais en plus elle offre une tenue de route absolument remarquable et bien des voitures offrant le double voir le triple de sa puissance seraient en peine de la suivre sur les petites routes sinueuses. C'est effectivement là son véritable terrain de jeu - en plus des circuits techniques - et elle y excelle, virevoltant d'un virage à l'autre, changeant de direction avec l'efficacité et la légèreté d'une abeille bien aidé par un train avant d'une précision chirurgicale. De plus, avec son poids réduit, les freins ne sont jamais pris en défaut, même sur circuit.

      Et, cerise sur le gâteau, dans son ensemble l'entretien est loin d'être faramineux, surtout au vu du plaisir qu'elle vous procure, mais aussi qu'elle procure aux autres. En effet, la frêle Lotus semble jouir d'un très fort capital sympathie auprès des gens, et les pouces levés que vous croiserez vous feront définitivement dire que vous avez fait le bon choix.


      Essai réalisé avec L’automobile Sportive.

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